15 juillet 2013

Ce qu'a dit François Hollande

Les bistros de Bicêtre étant vide, hier, j’ai décidé d’écouter l’interview de François Hollande. Si j’en crois la presse, ce matin, on n’était pas nombreux. C’est étrange : à lire les dépêche, on avait l’impression que les Français attendaient la parole présidentielle. Outre le fait que Laurent Delahousse ne sert pas à grand-chose, j’en retiens essentiellement deux choses : le président sent la sortie de crise et il donne des objectifs à 10 ans avec une volonté de changer durablement la France.

Je me rappelle aussi de ce que j’ai pris pour une maladresse, en début d’intervention, quand il a dit qu’il avait demandé que trois enquêtes soient menées au sujet de la catastrophe de Brétigny-sur-Orge (ce n’est pas au président de demander des enquêtes). Elle m’a mis sur le qui-vive pour la durée de l’émission.

Je me rappelle aussi qu’à deux ou trois reprises, il a chargé les gouvernements précédents. J’aime bien.

Je vais résumer ses propos pour ceux qui ont envie de savoir ce qu’il a dit et ont la flemme de tout lire.

A propos de la catastrophe ferroviaire

Ainsi, il a demandé trois enquêtes. Il est surtout parti de cette preuve de la vétusté du réseau pour justifier les annonces de Jean-Marc Ayrault à propos du gel des constructions de lignes à grande vitesse neuves pour se consacrer à l’entretien du réseau.

Il en a profité pour charger Nicolas Sarkozy : « Quelle a été cette façon de faire, de promettre des lignes TGV à tous les élus ? J’en ai été de ceux qui veulent bien entendre ces promesses pour constater qu’il n’y avait pas les financements et qu’on n’avait pas entretenu les lignes existantes. »

A propos du budget l’armée

Il a rappelé que les suppressions de poste ont commencé sous la droite… Il s’est engagé à maintenir le budget de l’armée pour lui permettre de continuer à assurer ses missions, ce qui n’empêche pas qu’il y aura des suppressions de poste.

A propos du Mali

Il a rappelé que c’était une victoire contre le terrorisme, remportée par la France et ses alliés mais que la victoire contre le terrorisme n’était qu’au Mali.

Il a indiqué qu’un des sept otages que nous avons dans le coin était probablement mort mais qu’on ferait tout pour ramener les autres, de même que ceux qui sont en Syrie.

A propos de l’emploi

Il a rappelé les mesures prises : contrats d’avenir et contrats de génération, et la nouvelle mesure qui consiste à former les chômeurs pour pourvoir les postes vacants.

Il a rappelé aussi que le pacte de compétitivité était fait parce que la création d’emplois viendra forcément des entreprises.
Reprise et avenir

« La reprise, elle est là. Je ne vais pas ici enjoliver le tableau. » « Elle est là. Il y a une production industrielle qui repart et nous sommes en Europe le pays où la production industrielle est le plus rapidement repartie depuis maintenant trois mois. »

Nous sommes un grand pays, militaire, industriel, technologique et les Français doivent avoir confiance. « Moi, j’ai proposé qu’on réfléchisse, qu’on agisse pour la France dans dix ans. Ce n’est pas mon quinquennat qui est en cause. Ce qu’on a à faire tout de suite… »

La France doit être exemplaire pour ce qui concerne la transition énergétique, le numérique, les infrastructures, les modes de transport, nos université, la recherche. C’est sur cela que les efforts doivent être concentrés.

« Alors, vous me parlez des impôts, bien sûr. Vous croyez que c’est agréable, quand on arrive au pouvoir – ça m’est arrivé l’année dernière – de dire j’hérite d’une situation, il y a eu 600 milliards de dette, il y a un déficit qui n’est pas comblé, il y a des créances qui sont posées sur nous et qui nous obligent ? »

Il n’y aura pas d’augmentation d’impôt sauf si elles sont indispensables mais nous avons besoin d’un sérieux budgétaire si nous ne voulons pas être soumis à des créanciers venus de l’extérieur. Néanmoins, s’il faut réduire les déficits, il faut aussi réduire le coût du travail, simplifier les normes, favoriser l’investissement…

Il s’est engagé à « inverser la courbe » et il sera jugé là-dessus mais il faut voir à plus long terme.

Il y aura un effort historique d’économies en 2014.

A propos des retraites

« Aucun des gouvernements qui avaient prétendu que c’était la dernière réforme n’a finalement réglé le problème. Je ne prétends pas le faire pour toujours, mais je pense définir maintenant les modalités d’une réforme durable. » La réforme sera faite dans le dialogue. La durée de cotisation devrait être allongée (ça nous permettra de redevenir blogueurs d’opposition).

« Moi, je ne veux pas faire comme un certain nombre de mes prédécesseurs, laisser des ardoises pour les autres. Les ardoises, il faut les effacer quand elles sont créées. »

Le retour de Nicolas Sarkozy

Il fait ce qu’il veut… Par contre, il ne faut pas critiquer les décisions du Conseil Constitutionnel. Il faut défendre l’indépendance de la justice.

La situation de l’opposition ne le regarde pas. Seule celle de la majorité compte, pour la poursuite du mandat.

La majorité

On ne conteste pas le budget. Delphine Batho l’a fait, elle a été foutue à la porte. C’est la règle. C’est la seule. « Sont dans la majorité ceux qui votent le budget. Restent au gouvernement ceux qui, non seulement approuvent le budget, mais l’appliquent. »

Le gaz de schiste ? La seule technique d’extraction est la fracturation de la roche pour faire sortir le gaz. Il n’y aura pas d’exploration du gaz de schiste en France.

La popularité

« On me dit : vous n’êtes pas populaire. Mais je ne cherche pas à être populaire ! »  Ce qui lui importe est de faire réussir le pays, de lui donner confiance. « Vous savez, nous sommes le pays, depuis des années, le plus pessimiste d’Europe, et voire même du monde ! Il y a des pays qui sont dans la guerre et qui sont encore plus optimistes que nous ! Alors comment comprendre ? Il y a une explication, parce que la France ce n’est pas n’importe quel pays : la France c’est un grand pays, qui a une place dans la vie internationale. »

Pour réussir, toute la majorité doit être soudée. Elle doit être à ses côtés.

Le Front National

François Hollande est très inquiet de la montée du FN, parce que ses propositions sont mauvaises.


22 commentaires:

  1. « La situation de l’opposition ne le regarde pas. » Mouarf !


    « François Hollande est très inquiet de la montée du FN » Re-Mouarf !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pouvait-il dire le contraire ?

      Supprimer
    2. Non, évidemment. Mais "mouarf !" quand même !

      Supprimer
  2. Si vraiment la reprise est là (il faut le souhaiter) cela ne suffira pas a redresser toutes les difficultés du pays. On attend plus et plus vite.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pas trop vite. Sinon on va replonger comme à chaque fois.

      Supprimer
  3. Il a raison de dire qu'une reprise de la croissance, ça se prépare et ça se je juge sur la longue durée (plusieurs années); les petites oscillations annuelles, voire trimestrielles, de + ou - 0,2% autour du 0 ne signifient rien et n'ont aucun effet.

    Il a eu tort, au départ de son quinquennat, de se fixer le délai de "la reprise dans 2 ans", pari par lequel il s'est inutilement mis lui-même en difficulté, et rappelant le "j'irai chercher chaque point de croissance avec les dents" de Sarkozy.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce que je trouve rigolo, c'est qu'il a toujours dit second trimestre 2013 et que ça risque bien d'arriver.

      Supprimer
    2. La question que je me pose est la suivante: pour être si sûr de lui, Hollande a-t-il un accord secret pour une politique de relance de la croissance avec Angela Merkel, une fois celle-ci réélue (parce que, avant les élections, faire accepter aux fourmis allemandes de payer pour les cigales du Club Med, ça ne passerait pas) ?
      Bon, on peut toujours rêver...

      Supprimer
  4. Comme Chris Froome, Hollande va doper la croissance...

    RépondreSupprimer
  5. IL n'y aura pas de croissance économique digne de ce nom (c'est à dire au dessus de 3%) tant que la fiscalité et la dette resteront aussi élevées.

    Pour une raison très très simple, c'est que la croissance sera capté par nos voisins moins endettés et moins taxés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ben oui. Mais on ne résoudra pas les problèmes en claquant des doigts.

      Supprimer
    2. Ni en repentant, contre toutes les évidences, que "la croissance est là"....

      Supprimer
    3. La "reprise" est là, a t'il dit, soit un début de rémission. Hollande est quelqu'un de nuancé et prudent. Peut être trop selon certains. En tout cas l'opposition a tord de l'attaquer sur ce point. Embourbée qu'elle est dans des querelles internes, elle mise tout depuis le début du quinquennat sur une dégradation économique qui se prolongerait jusqu'en 2017 (politique de la terre brulée...). Pari risqué tout autant sinon plus que celui d'hollande d'une inversion de la courbe du chômage fin 2013, mais bon je crois qu'une partie de l'opposition commence à réaliser son erreur puisqu'il évoque le recours aux emplois aidés... hihihi! mauvais joueurs...

      Supprimer
    4. La "reprise" est là, a t'il dit, soit un début de rémission. Hollande est quelqu'un de nuancé et prudent. Peut être trop selon certains. En tout cas l'opposition a tord de l'attaquer sur ce point. Embourbée qu'elle est dans des querelles internes, elle mise tout depuis le début du quinquennat sur une dégradation économique qui se prolongerait jusqu'en 2017 (politique de la terre brulée...). Pari risqué tout autant sinon plus que celui d'hollande d'une inversion de la courbe du chômage fin 2013, mais bon je crois qu'une partie de l'opposition commence à réaliser son erreur puisqu'il évoque le recours aux emplois aidés... hihihi! mauvais joueurs...

      Supprimer
  6. Lu sur le blog d'Alain Juppé ( http://www.al1jup.com/ ) :

    "N’y a-t-il pas contradiction à annoncer la reprise économique … et à laisser, en même temps, planer le doute sur une possible augmentation des impôts l’an prochain ?

    Si la croissance revient, les rentrées fiscales augmenteront d’elles-mêmes sans qu’il soit besoin de créer de nouveaux impôts ou d’augmenter les taux des impôts existants."

    Bon, c'est vrai que c'est le meilleur d'entre eux, celui-là.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si Jospin avait appliqué la réforme des retraites du plan Juppé (comme il a heureusement appliqué sa réforme de l'assurance-maladie), on n'en serait pas là aujourd'hui, et la situation serait plus simple pour Hollande.

      Comme Bergeron (F.O.) l'avait dit à Juppé: "Vous avez trop chargé la barque: il fallait faire soit les retraites soit la santé, mais pas les deux en même temps".

      En fait, sans la réforme des régimes spéciaux (les seuls à pouvoir paralyser le pays), je crois que ça passait, le plan Juppé.

      Tiens: on va voir si Hollande fera quelque chose sur les retraites des régimes spéciaux (ça m’étonnerait: même Sarkozy s'est dégonflé, finalement).

      Supprimer
  7. J'ai personnellement trouvé l'interview de Hollande très anxiogène: annoncer qu'on n'augmentera pas les impôts sauf si c'est nécessaire (!), dire que la reprise est là alors que personne ne la voit...tout ça donne une impression de quelqu'un qui est "ailleurs".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bah ! Certains copains l'ont trouvé très bien. Moi je suis déformé : je l'écoute avec mon oreille de blogueur.

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.